Réflexions d'une marocaine du Monde résidant au Canada

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Pour nous placer dans l’historicité des réflexions d’enseignants dont cet article fait partie, nous soulignons que cet article a été écrit sur la base d’une réflexion de l’auteure en tant qu’enseignante en 1999, réflexion émanant de l’exercice en classe, au Lycée Sahnoun, à Marrakech.

 

Amina el Bakkar, ex-enseignante du français, poursuit actuellement des études doctorales à l’Université Laval, à la faculté des sciences de l’Éducation, à Québec, au Canada



 

Le projet personnel de l’élève

 

Le projet personnel de l’élève[1], tel que nous le concevons, rentre dans le cadre d’une vision globale de l’enseignement. Cette vision se résume en une action où tous les partenaires professionnels, politiques, sociaux et économiques, retrouvent un point de rencontre pour élaborer une école ouverte assumant une continuité horizontale et verticale.

Au niveau vertical, l’école devrait prendre en considération le passé de l’élève, celui-ci est avant tout un être humain qui a un cumul préscolaire affectif et cognitif. Son développement personnel est déjà mis en marche depuis sa naissance et ce en interaction avec le milieu familial et social. Ignorer  cette dimension, c’est ignorer une part de l’être humain. Dans ce sens, le projet personnel de l’élève serait un outil considérable qui lui permettrait de sentir une continuité et non une rupture entre sa vie passée, l’école et l’avenir. La même continuité s’opèrerait sur un axe chronologique durant toute sa vie scolaire dans le sens de son devenir, faisant de lui un futur élément dynamique dans la société et dans le système économique dont il reçoit  des influences et sur lequel il agira quand il y sera intégré économiquement et professionnellement. D’un autre côté, si l’école s’assigne la tâche de former des intelligences, le PPE serait un outil efficace car il permettrait une orientation précoce vers le domaine dans lequel l’élève a des aptitudes.

Au niveau horizontal, sans nuire au principe de l’homogénéité de la classe, l’hétérogénéité devrait être un facteur d’enrichissement. La classe n’est-elle pas une micro-société? D’où l’intérêt du PPE; faisant partie du paysage du groupe, cet outil serait, à côté de nouveaux contenus de programmes et de méthodes compréhensives, à la base de l’apprentissage d’un comportement social, celui de côtoyer des individus dont les aspirations et les orientations peuvent être différentes ou semblables. Être exposé aux ressemblances et aux différences n’est-il pas apprendre la tolérance et la solidarité?

Sur le plan économique, le PPE aiderait à éviter le gaspillage en freinant le taux d’échec et de doublage. En d’autres termes, une certaine centration sur l’élève permettrait à celui-ci de participer activement à sa propre formation, ce qui favoriserait sa réussite pendant son parcours scolaire. De plus, l’école est loin d’être  un îlot.  En s’ouvrant sur la société, elle peut aussi  s’ouvrir sur le monde vu que celui-ci devient un village planétaire grâce au développement des réseaux de communication et aussi à celui d’associations, d’organisations de solidarité et d’aides humanitaires.

Par ailleurs, il est légitime de craindre certaines dérives, mais des mesures préventives et remédiantes devraient  faire l’objet de sérieuses réflexions, puisque toute conception transposée sur le terrain du réel peut faire émerger des défauts et des carences. Par conséquent, une telle vision impose un programme binaire dont les deux parties fonctionneraient parallèlement : un programme pour tous dont le contenu engloberait des connaissances de base et d’autres continuellement synchronisées avec les changements sociaux et mondiaux dans tous les domaines, à côté d’un programme parallèle dont l’indirectivité serait le principe et la clé de la réussite; car parler de PPE c’est aussi se centrer sur l’élève, l’accompagner et laisser l’élan venir de lui-même dans un climat d’autonomie et d’indépendance. Il resterait alors des aménagements à organiser au niveau de l’horaire et du nombre d’élèves, en autres; des mesures bien étudiées, efficaces et adaptées seraient indispensables. Ainsi, l’école deviendrait-elle un carrefour où se rencontreraient tous les acteurs sociaux, économiques, professionnels et politiques, réunis  autour de l’élève qui serait, lui-même,  un acteur et en partie un artisan de son avenir.

Enfin, c’est à travers des outils comme le PPE et une vision globale que l’école  deviendrait l’un des éléments catalyseurs dans la transformation sociale et le renforcement de l’économie du pays. La prise en considération de tous les paramètres, individuels, sociaux et mondiaux, dans les programmes, l’organisation, la gestion et  la mise en place d’une plate-forme capable de recevoir des PPE, favoriserait une éducation qualifiante pour les jeunes.



[1] Le PPE


                                                                                                                    Proposition de communication

Par Amina El Bakkar, doctorante

 en Administration et Évaluation scolaire

et Claire Lapointe, professeure, chercheure

 et directrice du CRIRES.

Faculté de Sciences de l’Éducation

Université Laval






15e Congrès de L’AMSE








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ahmedelya 08/08/2015 18:03

J attends que des collègues diffusent des articles dans différentes langues, car l Ecole doit unir les peuples sans contrainte aucune