Lu pour vous

Publié le par El yaagoubi ahmed

   
Octobre 2006

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Pour le meilleur et pour le pire, les études islamiques et du Moyen-Orient éveillent l’intérêt et la vigilance

L’été dernier, Marie-Joëlle Zahar a vu pendant des semaines les bombes pleuvoir sur son pays d’origine, le Liban. « J’étais stupéfaite », raconte cette professeure de sciences politiques à l’Université de Montréal. « Stupéfaite et désespérée, en tant que Libanaise, de voir mon pays à nouveau dévasté après avoir tant progressé sur la voie de la reconstruction », raconte-t-elle d’une voix teintée de lassitude.

Alors que le conflit faisait rage, Mme Zahar recevait continuellement des appels de journalistes qui voulaient l’interviewer. Elle y a consenti, estimant avoir le devoir de mieux faire connaître sa terre natale, mais dit avoir eu du mal à prendre le recul émotionnel nécessaire par rapport à la crise. Elle s’inquiétait beaucoup pour les membres de sa famille décidés à rester au pays du cèdre et pour ceux qui attendaient d’être évacués vers le Canada. « La crise au Liban m’a littéralement paralysée, dit-elle. Tout le reste de ma vie était en suspens. »
 

 

Comme Mme Zahar peut en témoigner, être spécialiste des questions islamiques et du Moyen-Orient est de nos jours à la fois un bienfait et un fardeau. La discipline gagne rapidement en importance dans les universités canadiennes qui, devant la hausse des inscriptions, multiplient les embauches de professeurs spécialistes de différents aspects de ce domaine. Pas moins de 40 d’entre eux ont ainsi été recrutés au cours des cinq dernières années, selon CANMES, le Comité canadien de la Middle East Studies Association of North America. Les revues universitaires publient de plus en plus de travaux consacrés aux études islamiques et du Moyen-Orient, et les professeurs sont fortement sollicités par les médias pour expliquer et analyser l’actualité.

Si la discipline suscite aujourd’hui un intérêt et une attention qu’elle aurait dû, selon certains, éveiller depuis longtemps, elle pose aussi certains problèmes. Depuis le 11 septembre 2001 en effet, les professeurs en études du Moyen-Orient voient leurs faits et gestes scrutés à la loupe, souligne Mme Zahar.
 

 
Une étudiante travaille dans la magnifique pièce octogonale accueillant la bibliothèque du département d’études islamiques, à l’Université McGill.
Photo : Marci Denesiuk, Groupe de services web/SRI, Université McGill

« Pour certains, même la plus objective des analyses est forcément partisane. J’ai constamment l’impression de marcher sur des œufs. »

Comme bien d’autres aspects de la société, le paysage universitaire a été bouleversé par les événements du 11 septembre. Conjugués aux conflits subséquents en Afghanistan et en Irak, à la croisade américaine contre le terrorisme et à la persistance du différend israélo-arabe, ces événements ont éveillé la curiosité des étudiants et du grand public à l’égard du Moyen-Orient et de l’Islam.
 

Publié dans educ-forblog

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