Lu pour vous

Publié le par El yaagoubi ahmed

Date : 04/10/05
Titre : Culture des résultats ou culture de la formation?
Message :

Culture des résultats ou culture de la formation ? /////////////////////////////////////// La polémique ,que la publication du texte de JP.Brighelli « La fabrique du crétin.La mort programmée de l’école » a suscitée dans la société et dans le monde de l’éducation, rallume le vieux dilemme qui oppose les partisans d’une école considérée essentiellement un lieu d’instruction et d’apprentissages à ceux qui font du « pédagogisme » la composante prioritaire de toute attitude éducative. Autrement dit,une école qui privilégie les résultats et une école pour laquelle « l’essentiel » réside sans la capacité de bien motiver les apprenants à prendre en charge leur formation. Et tout ça arrive au moment où la nouvelle année scolaire va voir si l’application de la loi Fillon va produire ses effets espérés. Je suis de plus en plus persuadé que toute réforme , « grande» ou « petite » qu’elle soit,ne peut s’en passer des enseignants pour qui travailler à l’école veut dire s’appliquer à ce que l’apprenant soit à même de réfléchir et de débattre sur les grandes questions de la vie collective.Ça commence à petits pas au Collège pour se renforcer dans le secondaire,moment-clé où les jeunes sont plus disposés à prendre position,à produire une opinion et à la défendre. Sur leur mission de « passeurs culturels » je n’ai pas une vision « catastrophique » comme JP. Breghelli essaie de faire passer dans ses déclarations, même si leur formation apparaît négligée(que font les IUFM ?),notamment dans l’utilisation des nouveaux médias à dimension éducative et dans la capacité d’adaptation aux diverses situations et contextes et aux nouveaux publics. Pour récupérer leur autorité,aujourd’hui en baisse,il faut qu’ils renforcent leurs connaissances disciplinaires et établissent un nouveau rapport de confiance et de considération avec les parents,les apprenants,surtout avec ceux qui sont en crise de savoirs. Je suis d’accord avec M.Brighelli quand il écrit que « le Crétin n’est pas une fatalité ».Mais je ne pense pas qu’ « il suffirait d’une reprise économique pour qu’il effondre..». A mon avis,il suffirait de prendre conscience que l’école n’est pas une entreprise avec l’obligation de résultat,car construire une école vouée à la réussite égale pour tous sur la base d’un socle minimal de connaissances et de compétences(on ne sait pas encore comment remplir ce récipient !) est un projet qui semble utopique et réductif en même temps. Pour conclure,je crois qu’il est stérile, voire banal, d’opposer socialisation et apprentissages.L’individuation et l’approche des valeurs civiles et culturelles comptent autant que la construction des savoirs.L’enjeu de l’éducation c’est de voir comment fondre ces deux dimensions.Peu importe si l’on utilise des méthodes/stratégies « à l’ancienne » ou si les pratiques didactiques sont les plus modernes. Ce qui compte c’est de faire en sorte que l’apprenant apprenne à apprendre consciemment et sache aborder toutes sortes de problème avec sacrifice et application sérieuse et continue(« La pédagogie du travail » si chère à L.Ferry revient fortement en honneur). Faciliter ,à tout prix ,l’apprentissage ,souvent, ça ne met pas les jeunes dans les conditions de fare face aux difficultés de la vie. Je suis sûr que l’élève,plus motivé et plus réflexif ne subira pas passivement la tentation de s’acheminer vers la violance gratuite et insensée. L’École,malgré ses limites,reste quand même l’unique chance contre l’ignorance et les incivilités. M. Raphaël FRANGIONE Enseignant en retraite de FLE en Lycée AMANTEA(Cosenza) Italie

Cet article est diffusé sur le site:newsletter@vousnousils.fr

Publié dans educ-forblog

Commenter cet article