Coopération interculturelle

Publié le par El yaagoubi ahmed

Coopération interculturelle
 
Dans toute société, la diversité* culturelle est une donnée alors que l’homogénéité est le résultat d’une action volontariste d’ordre politique, sociologique ou psychologique.
Cependant, la coexistence de groupes divers peut se faire sans qu’il y ait d’interaction entre eux, comme ce fut le cas en Afrique du Sud avec l’apartheid, alors que la société interculturelle repose sur la mise en relation de l’ensemble de ses acteurs. Ainsi, une société qui intègre des groupes variés à la seule condition qu’ils s’assimilent à la culture dominante n’est pas interculturelle.
Par ailleurs, la connaissance d’autres cultures n’améliore pas nécessairement la compréhension. Au contraire, elle peut servir d’écran, attendu qu’aucun individu n’est le représentant de son groupe. Mais il peut être utile de connaître un autre système culturel pour se rendre compte de la difficulté éprouvée par une personne qui doit se familiariser avec notre système culturel.
Vers une éducation interculturelle
L’interculturel ne présente pas de risque de dissolution identitaire, mais au contraire conduit à un repositionnement de l’humain au cœur de l’action.
L’éducation devrait fournir une connaissance active des différentes cultures aboutissant ainsi au respect et à la compréhension mutuels.
Elle devrait nous ouvrir les portes du monde sans pour autant nous faire perdre notre identité.
Pour cela, il ne suffit pas seulement de connaître les différences culturelles, il faut aussi savoir comment chacun se situe par rapport à ces différences et, si l’école forme les citoyens de demain, espérons que ce seront des citoyens à l’aise partout et avec tout le monde.
La société interculturelle, société de négociation
La société interculturelle est une société de négociation où les acteurs doivent approcher l’Autre en le faisant bénéficier du doute culturel.
Il faut apprendre à écouter l’Autre et accepter la diversité des points de vue ainsi que l’existence d’une vérité « plurielle ». Pour cela, il faut être capable d’adaptation et de souplesse, sans perdre son identité et ses convictions.
Il faut également admettre que les réponses données et les comportements proposés ne le sont qu’en fonction de notre culture et ne constituent peut-être pas la meilleure solution.
Il faut enfin être capable de nommer l’absence éventuelle de consensus et accepter la frustration personnelle qui en découle.
Abandonner l’ethnocentrisme au profit de l’isomorphie
Avoir une attitude ethnocentrique consiste à juger le comportement de l’Autre en fonction de mes propres critères. Dans le cas d’une action négative accomplie par autrui, j’ai tendance à l’accuser alors que, dans le cas d’une action négative accomplie par moi, j’ai tendance à accuser le contexte ou la situation.
Avoir une attitude isomorphe consiste à expliquer le comportement de l’Autre de la même manière que les membres de son groupe culturel le feraient.
La reconnaissance de l’Autre ne s’impose pas d’emblée, surtout lorsqu’on a grandi dans une ambiance ethnocentrique. Le franchissement de cette étape est source d’enrichissement mais aussi d’insécurité.
 
 
* Le mot différence doit être employé avec vigilance car il est souvent connoté en termes de bien et de mal ou en termes de déficit. Il me semble donc plus pertinent de lui préférer le terme de diversité qui est multi référentiel.
                                                                                  Jean-Marc GRATTEPANCHE
 

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