Lu pour vous

Publié le par El yaagoubi ahmed

Troisième avantage de l’e-learning : il ouvre à l’interculturel

Depuis plusieurs décennies, toutes les cultures et tous les peuples du monde font face aux défis de l’éducation de masse ; ils y répondent dans la diversité mais sans cesser de confronter leurs propres solutions avec celles de leurs voisins. L’accélération du progrès technologique pose aujourd’hui à de nombreux pays et presque simultanément la question d’une possible contribution des réseaux électroniques aux objectifs de l’éducation. En désignant cette question par un nom qui est commun à toutes les cultures, nous reconnaissons, certes l’antériorité des acteurs anglo-américains dans ce domaine, mais aussi le fait que, pour ce nouveau défi, l’échanges d’idées, de pratiques et d’expériences s’imposent plus que jamais. L’avance des américains nous permet de ne pas commettre les mêmes erreurs qu’eux mais d’en commettre d’autres qui serviront à ceux, moins riches ou moins intrépides, qui nous succèderont sur la voie de l’e-learning.

Cette façon d’échanger et de s’inspirer les uns des autres, derrière le géant américain, risque-t-elle de nous conduire à une sorte de convergence pédagogique, ignorante des identités et des différences culturelles et qui serait un ralliement de fait au modèle culturel et éducatif américain ? L’e-learning serait-il l’un des moyens par lequel le phénomène de mondialisation menacerait la diversité des cultures et des éducations ? Sur cette délicate question, les avis ne peuvent qu’être partagés. Mais puisque cet article a pris le parti de défendre une thèse positive à l’égard de l’e-learning, il s’appuiera, pour la justifier, sur les propos d’un sociologue, Philippe d’Iribarne, spécialiste de la gestion des entreprises et du rôle qu’y jouent les facteurs culturels, qui, sans être un avocat de la mondialisation, porte sur elle un regard qui se veut rassurant : « Pour comprendre les effets de la mondialisation, il faut distinguer trois acceptions du terme de culture. Il peut d’abord désigner tout ce qui relève du ‘folklore’ : la musique, la langue, l’art, la cuisine… Dans ce cas, la mondialisation a un effet uniformisateur indéniable, même si elle rencontre des résistances dans certains pays. Dans un deuxième sens, la culture renvoie à la notion d’identité. La mondialisation a ici pour conséquence une exacerbation, que l’on perçoit à travers les conflits identitaires et les revendications régionalistes qui se multiplient. Enfin, si l’on considère la culture comme l’expression d’une vision commune des règles du vivre ensemble, il me semble que la mondialisation a peu d’effets, et que la disparité des cultures politiques persiste. »

L’éducation n’étant certainement pas un folklore, la principale menace que fait peser sur elle la mondialisation devrait donc être recherchée plutôt du côté de l’exacerbation des différences et des identités que de l’uniformisation. Si l’on accepte l’idée qu’une partie des questions posées à l’éducation, par exemple celles concernant l’apprentissage par les réseaux, peut l’être sur une base qui ne serait pas seulement nationale et identitaire mais également scientifique et interculturelle, alors le choix du vocable e-learning pourrait nous aider à éviter l’erreur d’une réaction de repli inopportune.

Publié dans educ-forblog

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