discutons interculturel!

Publié le par El yaagoubi ahmed

Voilà un sujet qui ne doit déranger personne,de par sa naure et ses enjeux.Soyons donc nombreux à l'aborder,avec toute la franchise et le sérieux qu'il faut.

Je me permets ici de m'adresser aux honorables penseurs et théoriciens en la matière,pour nous aider à faire notre chemin,en critiquant,en conseillant,en accompagnant.N'est-ce pas un enjeu éducatif,hautement prlsé?

Publié dans interculturel

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Peter Isackson 23/10/2005 16:46

Une erreur de frappe a fait que le commentaire précédent a été publié au moment même de sa mise en forme, sans être relu. Une phrase a été tronquée. Le troisième paragraphe devait se lire comme suit:

En fin de compte, c’est la pratique qui compte, l’expérience de dialoguer avec une autre culture et d’apprendre par l’observation et une négociation permanent du sens les différences (certes), mais surtout de découvrir les moyens de dépasser ces différences et de faire communiquer les deux cultures sans se résigner à la domination d’une seule des deux.
....

Du coup, d'autres petites fautes de frappe n'ont pas pu être reprises. Mes excuses aux lecteurs.

Peter Isackson 23/10/2005 16:36

Avec la reconnaissance des effets -- bons et mauvais -- de la mondialisation, l'interculturel devient de plus en plus en vogue. Et il est vrai qu'on a de plus en plus besoins de comprendre (et d'abord chercher à comprendre) les cultures, et de mettre en pratique non seulement la compréhension obtenue mais surtout la recherche permanente de la compréhension.

Il y a aujourd'hui une science de l'interculturel -- un phénomène relativement récent -- et une pratique de l'interculturel qui est beaucoup plus ancienne. La science, créée et alimentée par des noms tels que Edward T. Hall, Hofstede et Trompenaars, nous offre des schémas pour évaluer les différences entre les cultures afin de nous aider à comprendre le comportement des personnes avec qui nous nous trouvons dans une situation de communication transculturelle et de dénouer les problèmes de communication qui en découlent. C'est du moins la théorie.

Cette science nous apprend à reconnaître et à décrire des différences culturelles et -- nous l’espérons toujours -- à réfléchir lorsqu'on se trouve face à des situations culturelles complexes. Mais le simple savoir offert par la science -- souvent abstrait et schématique (sinon binaire) -- peut aussi décevoir et risque même parfois de nous induire en erreur. En fin de compte, c’est la pratique qui compte, l’expérience de dialoguer avec une autre culture et d’apprendre par l’observation et une négociation permanent du sens les différences (certes). L mais surtout les moyens de dépasser ces différences et de faire communiquer les deux cultures sans se résigner à la domination d’une seule des deux.
Mon sentiment aujourd’hui est que dans le monde des praticiens de l’interculturel (formateurs, coachs, consultants, penseurs), nous nous contentons un peu trop de la description des particularités de chaque culture et des contrastes entre des paires de cultures. Nous avons besoin d’une nouvelle pédagogie de l’interculturel, une pédagogie qui dépasse les simples concepts et connaissances et incite à une pratique basée sur deux choses : l’introspection (la capacité à analyser et à comprendre sa propre culture, nationale, régionale et linguistique, mais aussi familiale, professionnelle, personnelle) et une certaine flexibilité de la communication, l’apprentissage de stratégies plus complexes que celles reconnues dans nos cultures d’origine.

On peut l’appeler « ouverture d’esprit » et « recherche d’harmonie », mais cela dépasse les bons sentiments. Chaque culture est un trésor que nous avons raison de vouloir conserver et protéger, mais elle peut aussi constituer une barrière à l’échange, à la compréhension et au développement de nos propres ressources culturelles. Il faut apprendre à naviguer entre l’instinct de protection et la volonté d’enrichissement mutuel. Ce n’est pas facile, mais la complexité du monde moderne nous impose cet objectif.